7) Calage du calendrier sur le cours du soleil

Pour la grande majorité de ceux qui ont étudié le calendrier, l’inscription TRINOSAMSINDIV au 17° jour de SAMON I fait référence à la fête des 3 nuits de Samon, conservée dans la tradition celtique en Ecosse et en Irlande et se situant au voisinage du 1° novembre : cela signifie que le 1° jour du lustre du calendrier de Coligny devrait être 46 jours avant cette date et donc, en tenant compte de la huitaine manquante (CARIEDIT OXTANTIA : interprétation de J Monard) [9]), 38 jours avant le 1° novembre et par conséquent, aux alentours de l’équinoxe d’automne.

Dès les premières études du calendrier, son caractère luni-solaire, avec les 2 mois complémentaires, avait été mis en évidence, mais le lustre de 62 lunaisons avec les 1830 jours du calendrier (et les 1830,89 j. en durée astronomique réelle) présentait un écart de 4,7 jours avec les 1826 j.1/4 de 5 années solaires, ce qui avait amené à supposer qu’un mois intercalaire devait être supprimé tous les 30 ans (le siècle gaulois), ce qui ne faisait quand même pas le compte et devait amener à constater certaines dérives.

A cette époque, les Gaulois avaient dû adopter une lunaison de 29 j. ½, ce que prouveraient les durées choisies pour le lustre : 62 x 29 ½ = 1830 j. et pour l’année : 365 j.1/4, (déjà connue des Grecs et des Egyptiens) ; l’année astronomique tropique est de 365,2423 j.

Vouloir établir un calendrier luni-solaire est une mission impossible : l’unité de base est le jour et il faut trouver un intervalle de temps qui soit un multiple de la lunaison et de l’année tropique: même en adoptant des valeurs simplifiées comme 29j 1/2. et 365j.1/4, on n’y parvient déjà pas et le développement de ces 2 nombres en fractions continues nous montre que la solution gauloise n’est pas trop mauvaise, mais loin d’être exacte.

Si l’introduction des mois intercalaires permet un certain synchronisme des cours lunaires et solaires au niveau du siècle de 30 ans, nous avons vu qu’il y avait un écart résiduel de quelques jours au niveau du lustre ; de plus, le point de repère du début d’année solaire (admettons que ce soit l’équinoxe d’automne) se produit à des dates du calendrier gaulois qui sont variables tout au long du lustre : supposons que la plaque de Coligny commence à l’équinoxe d’automne,

l’équinoxe d’automne suivante se produira 365 j. plus tard, soit le 10 CANTLOS  I   ( la 1° année a 384 j.)

          - la suivante                                        365 j                             21 CANTLOS  II  (     2°               354 j.)

          - la suivante                                        365 j                               2 CANTLOS  III (     3°               385 j.)

          - la suivante                                        366 j.                            14 CANTLOS  IV (     4°               354 j.)

          - la suivante                                        365 j.                            25 CANTLOS   V (     5°               354 j.)

                   avec l’écart attendu de 4 j. au bout du lustre.

                 Il en était de même pour les autres équinoxe et solstices, ainsi que les fêtes déterminées par le cours du soleil, ce qui devait provoquer l’intervention du druide pour la fixation de ces festivités.

Remarque :

Pour les Anciens qui ne disposaient pas d’instruments adaptés pour la mesure des durées, la détermination des équinoxes se faisait par l’alignement des directions du lever et du coucher du soleil ce jour là : la précision était alors de la journée. Pour les solstices, que ce soit en opérant par la méthode de l’ombre la plus courte du gnomon, ou par la méthode des amplitudes ortives maximales, il y a une incertitude de 4 à 5 jours : les druides étaient capables de juger la précision dans la détermination de ces événements et ils devaient se baser plutôt sur les équinoxes que sur les solstices.

Date de dernière mise à jour : 15/12/2015

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