2) Description du calendrier
La plaque est divisée en 16 colonnes bien identifiables car elles sont séparées par les perforations faites en tête de chaque ligne journalière et destinées à recevoir une fiche indiquant le jour ; la lecture se fait de haut en bas et de gauche à droite. Les mois intercalaires occupent chacun une demi-colonne (début des 1° et 9° colonnes) et les mois ordinaires un quart de colonne (fig.2). Chaque mois commence par l’intitulé de son nom précédé de MID (abrégé généralement en M) et suivi par une qualification MAT (bon, c'est-à-dire 30 j.) ou ANMAT (néfaste, c'est-à-dire 29 j.) puis viennent les 15 lignes journalières de la 1°quinzaine (chaque ligne débutant par le quantième en chiffres romains) suivies de l’inscription ATENOVX et des 14 ou 15 lignes de la 2°quinzaine. Lorsque le mois n’a que 29 jours, la dernière ligne porte la mention DIVERTOMV (ou une variante).
Les gros caractères (noms de mois, ATENOVX) ont une hauteur d’environ 10 mm et les petites lettres 3mm ; ce sont des caractères latins majuscules; à noter que les petites lettres A n’ont pas de barre horizontale, les grandes lettres A pas toujours et que les lettres S ont une boucle supérieure plus développée (ressemblance avec le sigma grec final).
Le calendrier a donc les 12 mois réguliers suivants : et les 2 intercalaires :
SAMON 30 j. GIAMON 29 j. MID X 29 j.
DVMAN 29 j. SIMIVIS 30 j. placé en début de lustre
RIVROS 30 j. EQVOS 29 ou 30 j. (haut de la 1° colonne)
ANAGANTIO 29 j. ELEMBI 29 j.
OGRON 30 j. EDRINI 30 j. CIALLOS B IS 30 j.
CVTIOS 30 j. CANTLOS 29 j. placé en milieu du 3° lustre
(haut de la 9° colonne)
Chaque mois ordinaire occupe sur le calendrier un rectangle haut de 20 cm et large de 9 cm.
Une ligne journalière du calendrier se présente de la façon suivante :
° VIII iil D AMB où l’on a donc successivement : le trou pour mettre une fiche, le quantième de la quinzaine, éventuellement un triplet de bâtonnets, puis une lettre D (ou MD), suivie généralement d’une inscription plus ou moins abrégée.
Au total, il y aurait environ 2 000 lignes avec 42 mots différents.
Déjà, les premières difficultés apparurent quant à la durée de certains mois et du lustre :
-
Le mois EQVOS, pourtant qualifié d’ANMAT, possédait 30 j. pour la seule évidence (année I), car la fin du mois EQVOS était lacunaire pour les 4 autres années. Tout au plus, pouvait-on supposer qu’il en était de même pour la 3° année car le 2° mois intercalaire comportait l’inscription suivante :
CIALLOS B IS SONNOCINGOS marche du soleil
AMMAN M M XIII durée 13 mois
LAT CCC L XXXV 385 jours
ANTARAN M mois (supplémentaire ?)
où M = MINS = mois LAT = LATIS = jour et SONNO =soleil
l’année de 385 jours impliquerait alors que le mois EQVOS III ait 30 jours
-
Le 1° mois intercalaire, qualifié de MATV, devrait donc avoir 30 jours, mais, avec le décompte des lignes, il n’en aurait que 29.
-
Dans la 1° quinzaine du mois EDRINI II (haut de la 7° colonne), il y aurait 2 jours X entre les jours XIIII et XV, et dans la 2° quinzaine du mois ANAGANT V (bas de la 14° colonne), on trouve 2 fois le jour V. Selon J. Monard (9), pour ce 2° cas, le graveur aurait probablement noté I puis III et se serait rattrapé en gravant 2 V consécutifs.
Pour que le lustre de 62 lunaisons, qui a une durée astronomique de 1830,9 jours (arrondissons pour l’instant à 1831 j.), colle avec le calendrier de Coligny, il faudrait qu’il y ait 2 années avec un EQVOS de 30 j. et 3 années avec un EQVOS de 29 j (et cela sans prendre en compte les 2 jours surnuméraires d’EDRINI II). Nous verrons plus loin ce qu’il faut en penser.
Quant à l’ajustement avec l’année solaire, il était loin d’être parfait, car 5 années solaires font environ 1826 ¼ jours, soit un écart de 4,7 j. / lustre par rapport au cycle lunaire réel. Il a alors été proposé que cet écart devait être compensé par la suppression d’un mois intercalaire tous les 30 ans (le siècle gaulois de Pline : voir plus loin).
La ressemblance des mots de certaines inscriptions avec des mots gallois et irlandais permirent à deux celtisants (Sir John Rhys et E. Mc Neill), juste avant la guerre de 1914, de faire des progrès dans la compréhension de certaines inscriptions ; J. Rhys fit une transcription du calendrier, reprise en 1920 par G. Dottin (2), et Mac Neill proposa un lustre de 1831 j. mais avec des mois de 30 j. pour EQVOS I, III et V, et 29 j. pour EQVOS II et IV.

Date de dernière mise à jour : 11/12/2015
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