3) Connaissances antérieures du système calendaire gaulois

On savait que les Gaulois (ici les Ambarres) avaient une manière bien à eux de compter le temps :

  • Pour César (Guerre des Gaules, VI, XVIII), « Ob eam causam spatia omnis temporis non numero dierum sed noctium finiunt. Dies natales et mensium et annorum initia sic observant ut noctem dies subsequatur »= « Pour cette raison, ils (les Gaulois) déterminent les intervalles de temps en comptant les nuits et non les jours. Ils observent les dates de naissance et les débuts de mois et d’année de façon à ce que le jour succède à la nuit «. Ce qui signifie que le nycthémère commençait au coucher du soleil.

 

 

Auparavant, César (Guerre des Gaules, VI, XIV) avait souligné le rôle scientifique des druides et leur habitude de ne pas écrire: «Neque fas esse existimant ea litteris mandare, cum in reliquis fere rebus, publicis privatisque rationibus, graecis litteris utantur…. Multa praetera de sideribus atque eorum motu, de mundi ac terrarum magnitudine, de rerum natura, de deorum immortalium vi ac potestate disputant et juventuti tradunt »= « (les druides) ne se croient point permis de mettre leur science par écrit, quoiqu’ils se servent de caractères grecs dans presque tous les actes publics et pour les conventions particulières…..Ils apprennent aussi à la jeunesse de nombreuses théories sur les astres et leur mouvement, sur la grandeur du ciel et de la Terre, sur la nature des êtres, sur la force et le pouvoir des dieux immortels. » C’est sans doute un druide qui avait été chargé d’établir le calendrier, mais on n’est pas près d’en trouver un mode d’emploi écrit !

  • Pour Pline l’Ancien (1 siècle après César) dans son Histoire naturelle,(XVI, 250) à propos de la cueillette du gui : « Est autem id rarum admodum inventu et repertum magna religione petitur et ante omnia sexta luna, quae principia mensum annorumque his facit, et saeculi post tricesimum annum, quia jam virium abunde habeat nec sit sui dimidia »= « Or,(ce gui) est difficile à trouver et sa recherche est faite avec une grande religiosité, et cela, juste avant le 6° jour de la lune, qui marque le début des mois, des années et même des siècles au bout de 30 ans, parce qu’il a (à ce moment de la lune) une grande vigueur qui ne diminue pas ». C'est-à-dire que les mois et années commenceraient au premier quartier de la lune et qu’il y aurait des siècles de 30 ans. C’est pourquoi il a été proposé dès le début l’hypothèse que cette période trentenaire serve à rattraper le décalage luni-solaire de 4,7 j. par lustre en supprimant 1 mois intercalaire tous les 30 ans. Notons que pour Cicéron, un siècle équivalait à la vie moyenne d’un homme (une trentaine d’années); ce n’est que plus tard, chez les ecclésiastiques que ce mot a pris une connotation centenaire (que l’on retrouve en anglais et en allemand ). (Traductions revues par l’auteur)

Date de dernière mise à jour : 11/12/2015

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